À Tavildara, l’ambiance est particulière et on est de moins en moins à l’aise dans cette ville qui semble être habitée uniquement par des militaires ou des officiels. On croirait être dans une fausse ville.
Notre chambre est aux standards tadjiks. Les deux lits sont séparés, un gros tapis sur le sol, peu de lumière et une prise pour la chambre. nous avons tout de même un luxe plus européen: la salle de bain dans la chambre. Quand nous arrivons, pas d’électricité. On croit à une coupure générale, car l’électricité n’est pas toujours présente toute la journée dans le pays. Mais on découvre peu à peu que seule notre chambre en manque. On se douche dans le froid glacial de l’eau des montagnes et on tente ensuite d’expliquer avec gestes et mains que l’on souhaite l’électricité. On mime l’enclenchement du panneau électrique, mais on nous dit toujours d’attendre. Un peu saoulée, je retourne demander une enieme fois et insiste suffisamment pour que la jeune fille monte à notre étage. Je me plante devant le panneau électrique et lui demander de tout monter (j’ai trop peur de le faire moi au risque devant déclencher un incendie s’ils font des travaux dans une des chambres, au vu des standards électriques…). Elle monte le tout et miracle, l’électricité revient… !
Plus tard dans la journée, un monsieur vient pour changer l’ampoule de notre salle de bain (nous n’avions pas demandé, on pense donc qu’ils avaient compris que notre ampoule était cassée le matin et que l’on faisait que de demander de la changer !). Il n’a pas la bonne ampoule. Il revient plus tard après être passé au magasin et nous remet la lumière mais sur prise électrique. On a très peu de se faire une Claude François au vu de la quantité d’eau qui coule par terre de la douche et de la petite hauteur de la lampe !
Je suis encore très faible le jour de notre pause mais je recommence gentiment à manger le soir. Quand Nathan est loin pour faire des courses l’après-midi, quelqu’un essaie de rentrer dans la chambre. Heureusement, la porte est fermée. Je pense à une erreur. Mais cela arrive une nouvelle fois plus tard. Lors de notre dernière nuit, vers trois ou quatre heures du matin, on est tous les deux réveillés en sursaut par une nouvelle tentative d’ouverture de porte. On flippe sérieusement. Des types dans le couloir essaient d’ouvrir toutes les portes. On ne sait pas ce qu’ils cherchent ou ce qu’ils veulent. On décide de partir le lendemain, même si je ne suis pas cent pour cent rétablie.


On part donc pour 13km de Gravel pour rejoindre les rives d’un petit lac de montagne. Je suis super faible et je peine énormément à pédaler la distance. Nathan est très patient et on fait beaucoup de pauses pour enfin arriver à notre spot de camping. On a toute l’après-midi pour se reposer mais le soleil tape fort.





Je trouve une chouette occupation pour nous deux puisque je réussis l’exploit de trouer mon matelas gonflable que j’avais mis à même le sol pour la sieste. Nous voilà donc à chercher des trous dans le matelas et ça nous occupe une très bonne heure. Notre réparation est bien faite mais j’apprendrai plus tard que nous avons loupé un trou…
Le lendemain, une petite étape nous attend encore, mais tout de même plus conséquente. Une petite vingtaine de kilomètres mais quelques sept cent mètres de dénivelé positif à effectuer. Nous avons en effet décidé de couper en trois jours la montée au col qui se situe à 3252m d’altitude ! C’est donc le deuxième jour d’ascension et je suis toujours très faible. C’est vraiment difficile pour moi et je suis d’une lenteur effrayante.




On s’arrête finalement autour des 2200m d’altitude et l’air est enfin plus frais, quel bonheur !
Nous profitons de l’après-midi de libre pour lire et se reposer dans ce magnifique spot de camping. Nous entendons moutons, ânes et vaches qui se trouvent de l’autre côté de la vallée. On rigole de la possibilité de voir un ours ici, car le Tadjikistan en abrite quelques individus.
Le soir, nous mangeons notre nourriture « d’urgence » lyophilisée car, le comble, elle prend trop de place ! Pas terrible…


Nous allons tôt au lit car la journée du le demain risque d’être dure. En effet, le col à plus de trois mille mètres d’altitude nous attend et le tout sur plus de mille mètres de dénivelé et évidemment à haute altitude. Le soir, je doute que mon corps réussisse cet exploit au vu de ma fatigue des derniers jours. Je prie pour une guérison éclair pendant la nuit. Nathan lui a plein d’énergie et se réjouit de faire le col.
Au petit matin, nous plions le campement et je découvre avec grande joie que j’ai retrouvé de la force dans les jambes. Nous montons à bon rythme au dernier village du dessus et faisons le plein d’eau. La vraie ascension commence ! La vue est de plus en plus incroyable et nous nous enfonçons dans la montagnes entre les moutons, les chevaux et les ânes. Le ciel est couvert et la pluie nous tombe dessus pour la première fois depuis que l’on est partis à vélo. Cela nous rafraîchit bien, mais on espère très fort que la pluie s’arrête avant le sommet.
Nous grimpons vite et bien et franchissons la barre des trois mille mètres d’altitudes. Le souffle va bien, la tête aussi ! Nathan trouve une méthode pour évacuer toute son énergie, il fait des aller-retour pour nous filmer à vélo !




A chaque fois que nous croyons arriver, une nouvelle montée apparaît jusqu’à ce qu’enfin nous apparaisse le sommet ! La dernière montée se fait dans la boue et je dois descendre du vélo pour enlever le trop plein de boue car mon vélo n’avance plus du tout ! C’est une première.
Il fait très frais au sommet et nous faisons une courte pause photos. C’est très nuageux et la pluie menace de revenir.




Nous nous mettons donc en route pour la descente que nous imaginons rapide. C’était sans compter les quantités effrayantes de boue sur la route ! Nous n’avons plus à vélo et devons souvent descendre de notre monture pour enlever à la main la boue qui s’agglutine sur nos roues. C’est drôle et tellement frustrant à la fois !
Quelques deux cent mètres plus bas, nous voyons un magnifique ruisseau et nous décidons de laver nos vélos dedans, entourés de chèvres et d’une vue magnifique. Le lavage est assez épique et nous prend une petite heure. Nous finissons par un bout de pain tadjik avec Nutella et sommes ensuite prêts pour affronter la descente.
La descente est super longue et magnifique, c’est effectivement épique, comme nous l’avait annoncé Alex, le bernois.









Sur la descente, nous rattrapons trois cyclistes. L’un est suisse de Lugano, Luca, les deux autres sont polonais (je n’ai pas compris son prénom) et néo-zélandais, Tim.
Nous les laissons filer plus en avant, car nous faisons beaucoup de pauses photos ! La descente est dans un Gravel parfois compliqué et je le rattrape tant bien que mal de tomber à un endroit. Je me dis que j’aurais pu le faire très mal, manque de pot, ma cheville a quand même ramassé, appendrai-je le soir !
Nous terminons la descente par un check-point mythique au milieu de nulle part, vitres cassées et deux jeunes militaires accompagnés d’un chien qui fait la sieste. Seul l’un porte l’arme et il est assis par terre. Ils mangent une pastèque et nous en proposent avant que l’on reparte. On décline poliment et fonçons sur Qalai Khumb, ville frontière de l’Afghanistan. Nos vélos grincent, le haut plateau ne passe plus, on est très poussiéreux, bref, une bonne douche s’imposent à tout le monde, vélo compris.
Laisser un commentaire