Stockholm

Arrivés avec un peu d’avance, le choc culturel est immédiat. L’ambiance est beaucoup plus calme, les processus bien organisés et tout nous parait d’un coup très luxueux. On passe rapidement l’immigration et cherchons nos vélos sur le carrousel à bagages. On attend patiemment avant de réaliser que nos vélos, pas légers et volumineux ont bloqué la machine. On la remet en route avec l’aide du personnel et nous nous dirigeons vers la sortie de l’aéroport avec nos précieuses montures. 

On trouve un petit espace tranquille dans le hall d’entrée de l’aéroport et on entame le remontage de nos vélos. Une heure trente plus tard tout est fin prêt. Nos vélos n’ont pas souffert du transport, nous croquons un sandwich et nous nous dirigeons vers Stockholm à près de 50km de là. 

Sur la route on fait la découverte du climat suédois, 18°C et des averses plus ou moins fortes qui se succèdent. Mais au delà de la météo c’est surtout un choc culturel qui commence. Les automobilistes roulent très lentement et sont extrêmement prudents sur la route, on doit se tenir bien à notre place au risque de voir les visages s’agacer. Aussi les gens ne nous saluent plus, fini les coups de klaxon à chaque dépassement, et les encouragements lancés depuis la fenêtre passager. L’individualisme a fait son grand retour, nous sommes bel et bien revenus en Europe !

On traverse Stockholm en début de soirée pour atteindre notre hébergement, l’hôtel Rygerfjord qui se trouve sur un bateau réaménagé. On y découvre une cabine très étroite, à tel point qu’il est possible de toucher les murs en écartant les bras, et un petit hublot opaque (qu’on ne peut pas ouvrir) qui est notre seule source de lumière naturelle. Tout cela nous importe bien peu, car il y a un lit double avec un matelas moelleux.

On a 3 jours pour visiter Stockholm, et régler les problèmes techniques/logistiques avant de repartir. Nos journées sont donc un doux mélange de visites touristiques et de préparation à repartir à l’aventure. On notera : faire réparer la roue avant du vélo de Louise, acheter des nouvelles chaussures, réparer une fuite dans la matelas de camping, acheter des nouveaux films pour l’appareil argentique et se reposer un peu. 

Mais parmi ces préparatifs une tâche bien spéciale nous a particulièrement ému. Les films argentiques de l’appareil photo de Louise ! Car depuis notre départ, Louise fait des photos avec son Zorki, mais nous n’avons pas pu les faire développer. Difficulté supplémentaire, les scanners d’aéroport : pour préserver les images, il est fortement recommandé de ne pas faire passer les pellicules à travers les scanners des aéroports, au risque de rendre les photos inutilisables. Bien conscients du problème, on est toujours parvenus à convaincre la sécurité qu’ils doivent être inspectés manuellement et non pas via les rayons X. Technique validée approuvée… jusqu’à l’aéroport d’Istanbul ! Là bas, la négociation n’aboutit pas et l’agent agacé gagne la négociation en demandant à Louise de quitter l’aéroport si elle refuse de passer ses films à travers le scanner. Voilà donc nos 7 films et 252 souvenirs de voyage sur le tapis roulant, prêts à être endommagés ou peut-être complètement détruits. Je vous laisse imaginer notre moral après cet incident. Des recherches approfondies sur internet sur le type de machine utilisée et son impact sur nos négatifs ne nous renseignent pas plus. Peut-être qu’ils seront intacts, peut-être que les couleurs seront altérées, ou pire, complètement inexploitables.

Pleins de doutes nous entrons dans un magasin de photo et expliquons nos inquiétudes au sympathique vendeur. Compréhensif il nous propose le deal suivant : il développe immédiatement un film, et nous revenons dans une heure pour décider si la qualité est suffisamment bonne pour faire développer le reste. Nous trouvons un petit café, dégustons les pâtisseries locales, Kannelbühle et Mazzarin dans un petit café du quartier. Nous revenons une heure plus tard l’esprit lourd, imaginant qu’on vient de payer 20.- pour faire développer des images toutes blanches.

Le vendeur nous accueille et nous annonce : « They’re all great  ! », au travers de son accent nous comprenons « They’re all red ! » ce qui nous conforte dans nos préjugés et nous décidons que ces photos sont définitivement perdues. Voyant la confusion ils nous précise à nouveau qu’elles sont en parfait état et que le scanner de l’aéroport ne les a pas endommagées. Très heureux, nous lui confirmons qu’il peut développer les 6 films restants. Avec un grand sourire il nous annonce qu’il l’a déjà fait, et qu’elles sont en cours de numérisation. Alors qu’ils nous avait annoncé un délai d’une semaine minimum, tout le travail est déjà terminé. En échange de ce service ultra-express, une question l’intéresse particulièrement : « Where have you guys been ? ». Nous lui expliquons notre périple et repartons avec nos négatifs sous le bras, très impatients de regarder ces nouveaux souvenirs ! En voila donc une petite sélection pour vous:

Notre visite culturelle de la capitale se poursuit aussi, entre deux ou trois réglages logistiques. Nous visitons ainsi le très fameux musée Vasa. Il s’agit d’un musée créé autour d’un naufrage ayant eu lieu en 1627. Le Vasa – long de 47,5m (à la flottaison) – est un navire de guerre construit pour le roi de Suède Gustave II Adolphe. C’est un des plus gros bateaux de son temps et l’un des plus lourds. En effet, la masse combinée des munitions pouvant être tirées par les canons sur chacun de ses flancs pouvait atteindre 267 kg…! Alors que le Vasa fait sa toute première sortie inaugurale, il coule à moins d’un kilomètre du port et il sombre à 32m de fond. Il faudra attendre 333 ans pour que le vasa soit retrouvé et que les moyens techniques permettent de le remonter. Le renflouage a donc lieu en 1961 ! C’est l’une des épaves les mieux conservées au monde.

Nous admirons donc cet énorme bateau et prenons plaisir a visiter ce musée atypique ! Les visites culturelles comprennent ensuite le musée de la photographie, un excellent musée qui présente des photos d’Anton Corbijn: vraiment génial ! Le troisième musée sera toutefois moins impressionnant, mais heureusement pour nous, gratuit. En effet, le musée d’art moderne présente des oeuvres… modernes. Compliqué à comprendre, pas forcément joli à voir. Un peu trop moderne.

Chèvre coupée d’un pneu…

Finalement, après trois jours de visites, nous décollons de cette ville un peu trop chère pour nos porte-monnaies et enfourchons nos vélos direction le nord !

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