À Sary-Tash, notre journée de repos file et il est déjà temps de se remettre en selle. Nous prévoyons deux jours de vélo pour atteindre la deuxième plus grande ville du pays, Och.

Même si nous devons perdre plus de 2000m d’altitude, quelques grosses montées nos attendent encore et nos jambes bien fatiguées commencent à crier au secours. Encore deux jours avant de s’effondrer dans un lit et de tester tous les restaurants de Och.
On se met en route avant nos copains français Antoine et Léa qu’on espère croiser en chemin. Les paysages verdoyants font très plaisir, tout comme les yaks, chevaux et ânes qui nous saluent. Nous grimpons nos deux derniers cols au dessus de 3000m, respectivement à 3540m et à 3603m. Une fois ces altitudes dépassées, de la descente nous attend, beaucoup de descente. Nous nous arrêtons en route manger d’énormes morceaux de poulet (accompagnés d’oignons, c’est tout) et continuons à perdre de l’altitude et à gagner un peu beaucoup trop de chaleur.





Le vent de face s’est aussi levé et l’on doit pédaler dans les descentes. Ça nous ralentit bien. On découvre nos premières glaces kirghizes et ça fait un bien fou ! Les magasins sont gentiment plus remplis et les produits commencent aussi à faire plus envie, on sent qu’on est dans un pays plus riche.
On se fait une belle étape de cent kilomètres et campons au bord d’une petite rivière entourés de vaches. Le lendemain, on s’arrête dans la ville de Gulsha où l’on se prend un deuxième petit-déjeuner à côté d’un incroyable supermarchés où l’on trouve abricots et yoghurts. On se motive à partir pour entamer la grosse montée de la journée et voilà qu’on se fait rattraper par Antoine et Léa ! On roule les quatre et c’est trop agréable de partager la route avec eux. Pour moi qui suis épuisée et me réjouis d’un bon repos à Och, passer cette journée à quatre me donne une bonne dose de motivation. On sent tous qu’on a les jambes bien fatiguées et on rêve tous des restaurants de Och.





La chaleur est extrêmement forte et nous avons 1000m de dénivelé a effectuer sur ce dernier col. On arrive les muscles bien tendus en haut et nous filons droit dans la descente en vue d’un restaurant que nous avions repéré avant. On s’arrête donc manger une incroyable truite fraîche que même Nathan dévore à pleines dents ! Une sorte de pain beignet accompagne le tout, c’est un vrai délice. On teste même la boisson que nous vendent les habitants de la yourte mais c’est vraiment pas terrible, une sorte de riz au lait bizarre.
On est tellement bien dans notre petit restaurant que l’on peine à repartir. Finalement, notre petit groupe de cycliste se met en route malgré la chaleur assommante. Nathan et moi voulons tellement arriver vite que l’on met le turbo pour ces cinquante derniers kilomètres. On fait des dépassements de vans et tracteurs bien adrénalinés et combattons le vent de face. Il fait 39 degrés. C’est trop.
Nous devons quand même nous arrêter encore deux fois faire le plein de sucre à cause de la chaleur avant d’enfin atteindre la tant attendue Och. Et voilà, la Pamir highway est officiellement terminée !
Nous prenons place dans notre petit appartement que nous avions réservé avant de nous rendre dans un restaurant italien (« dolce vita ») où l’on a rendez-vous avec Antoine et Léa pour une très attendue Pizza.
Ce n’est pas une pizza italienne, mais qu’est-ce que ça fait plaisir !! En rentrant, on s’effondre au lit que l’on peine à quitter le lendemain. L’appel de la nourriture est plus fort et notre deuxième journée a Och consiste à manger. Manger encore, et encore et encore. Nos corps ont apparemment souffert de la faim puisqu’ils sont insatiables. Nous entamons le processus de nettoyage complet de nos affaires. Chaque objet y passe et la couleur de l’eau qui en ressort est effrayante. Toit est noir et rempli de sable. Nous faisons partir un nombre incalculable de lessive et nettoyons sacoches et tente à la main. Même les écouteurs nécessitent un lavage.

Lors de notre semaine de repos, nous continuons de manger beaucoup et surtout, beaucoup de sucre. On semble ne jamais s’arrêter. Le reste de nos copains cyclistes sont aussi arrivés et tous séjournent au « Park hostel ». Nous sommes donc invités à souper avec toute l’équipe: Rosie, Victor, Antoine, Léa et Alex. Belle brochette de cyclistes ! On se fera plusieurs restos ensemble lors de notre séjour. Le moral des troupes n’est pas au plus haut, la fatigue du vélo se fait ressentir et tout le monde repousse son départ d’Och.
Quand nous leur annonçons que nous sortons pédaler dans le nord, nous sentons leurs yeux brillants qui rêvent de fraîcheur se poser sur nous. Nous pensons fort à eux et aux déserts qu’il leur reste à traverser et leur envoyons plein de courage. Tout ce beau monde passe d’abord par les magnifiques montagnes Kirghizes avant d’entrer en Chine et on se réjouit de suivre leurs voyages.

De notre côté, nous réalisons ne pas avoir le temps pour aller faire le tour en cheval espéré. Nos lavages intempestifs nous prennent plus de temps que prévu, et la recherche de carton de vélo s’avère infructueuse alors que nous avons un vol qui nous attend le 12…
Nous commençons par repousser le problème des cartons de vélo et visitons un marché d’animaux (vivants). Ici, les locaux viennent vendre vaches, chèvres, moutons et chevaux. Le marché est assez impressionnant à voir de par le contraste qu’il offre avec ce que l’on connaît chez nous. L’odeur y est forte et les animaux à vendre très nombreux. C’est assez chaotique. On est les seuls touristes et les gens nous demandent souvent d’où l’on vient. Des jeunes nous demandent de les prendre en photo et l’on essaie de me vendre un mouton.
Seul un coca pas frais nous convaincra, on repassera pour les moutons.





À Och se trouve aussi un grand bazar. On y fait plus d’un tour et y achetons toutes sortes de choses dont une grosse pastèque et des samsas.
On se balade souvent en taxi dans la ville étant donné que la course nous coûte un franc. En embarquant le premier jour et en voyant la conduite hasardeuse de notre chauffeur, je rigole en demandant à Nathan combien de jours ça va mettre avant que l’on ne fasse un accident. Pas moins de dix secondes plus tard, voilà que notre chauffeur recule à pleine vitesse dans une autre voiture. Pas de panique, ça a l’air de lui arriver souvent. Les intéressés s’échangent quelques mots et nous voilà repartis.
Quelques jours plus tard, c’est le rétroviseur d’un taxi que je me reprends dans l’épaule alors que le chauffeur a le volant à droite (c’est le mauvais sens, ces voitures leur coûtent moins cher). Il ne remarque même pas qu’il a failli me rouler sur les pieds et qu’il m’a donné un bon bleu sur le bras. Il est temps de partir !
Comme on a encore quelques jours ici, on en profite pour continuer de manger beaucoup, parfois accompagnés de nos copains cyclistes. On se met aussi, enfin, à la recherche de nos cartons vélo pour prendre l’avion. La tâche s’avère compliquée. Nous tentons de récupérer des boîtes de cyclistes qui ont récemment atterri, mais ces dernières ont déjà été récupérées. Les magasins de vélos sont notre seul espoir. Seuls deux magasins de vélos existent dans la ville et ils sont côte à côte. Nous y demandons s’ils ont ces précieux cartons.
Les seuls cartons qu’ils ont sont des cartons de vélo pour enfants et font la moitié de la taille de nos vélos. Nous demandons au premier magasin si nous pouvons leur en prendre trois. Des enfants s’occupent de notre demande et nous proposent les trois cartons pour quinze euros. C’est carrément choquant et on refuse net. Nous avons plus de chance dans le deuxième magasin. Le vieux monsieur nous en offre trois, gratos.
L’étape qui suit revient à trouver un taxi assez grand pour ramener nos cartons où nous séjournons. Ce n’est pas une tâche facile puisque tous les taxis sont de minuscules voitures Daewoo détruites. On tombe finalement sur une perle rare et amenons nos vieux bout de cartons à la maison.
Étape trois: construire des cartons de vélo.
Après avoir récupéré du scotch, des couvertures, des ciseaux, des serflex et du cellophane, nous nous mettons à la dure tâche de construire une protection à nos montures. Cela nous prend toute une journée.
Après avoir assemblé plusieurs bouts de cartons ensemble, on vide trois rouleaux de scotch dessus et ajoutons 260m de cellophane autour. C’est surprenant mais ça tient. On considère que ça suffit et surtout, on a pas d’autre solution. Le lendemain à 6h du matin, on a notre vol pour la Suède. On s’arrête là épuisés et pensons enfin à trouver une solution pour amener nos gros cartons à l’aéroport.



On demande à notre auberge s’ils peuvent nous appeler un gros taxi et notre hôte nous dit que c’est réglé. Parfait.
À 2h30 du matin, nous nous mettons en route pour l’aéroport. Notre taxi est à l’heure et il s’agit en fait d’un bus entier (lire bus de transport public !) juste pour nous. Incroyable !
Nous sommes bien trop à l’avance dans ce minuscule aéroport qu’est Osh mais nous avons mille et un scanner à passer ce qui a l’avantage de nous divertir pendant ce temps.
À chaque scanner, je dois expliquer aux employés qu’ils ne doivent pas mettre mes films argentiques dans les rayons X sous peine de détruire l’entièreté de mes photos. Ça prend un peu de temps, mais après avoir ouvert un à un chacun des films, ils acceptent, pour chaque scanner. C’est un petit miracle.
En attendant notre avion, nous vidons les quelques billets et pièces qu’ils nous restent et l’on est surpris de voir que la dame du magasin accepte que je paye moins mes chips car je n’ai pas assez d’argent. Y’a bien qu’ici que c’est possible…

Finalement, on embarque à destination d’Istanbul ! Petite escale dans Constantinople où l’on reprend vite nos marques avec des mantis et du çay puis embarquement à destination de Stockholm.
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